Mme Sika KABORE

Première dame et as de cœur, mais pas seulement…

C’est une femme dont on loue tout à la
fois la simplicité et la disponibilité,
mais également l’humilité et la
détermination dans l’action. Et
c’est à Dijon, en France, alors
qu’elle étudiait à l’université
de Bourgogne, que le chemin
de la Togolaise Adjoavi Sika
Vovor croise celui de Roch Marc
Christian Kaboré. A moins que ce
ne soit le contraire, puisque les deux
fréquentaient la même université pour y

achever leurs études supérieures. En
effet, après de brillantes études
sanctionnées par une maîtrise
en droit privé à l’université
du Bénin, la fille de Mawupé
Valentin Vovor, décidée à
poursuivre ses études,
s’envole pour Dijon, avec
la bénédiction de son père,
alors professeur de médecine des
universités françaises. Studieuse,
Sika Vovor accomplit un beau parcours

sanctionné, en 1980, par un Diplôme d’études supérieures spécialisées-certificat d’aptitude à l’administration des entreprises (DESSCASE) à la prestigieuse école universitaire de management IAE de Dijon. Signe du destin, elle se retrouve, durant ce brillant parcours académique, dans la même promotion que le jeune Roch Marc Christian Kaboré qui, lui, a quitté sa Haute-Volta natale pour effectuer la même formation universitaire. En plus de leurs études bien remplies, commence alors la belle aventure entre Sika et Roch Marc. Une aventure de cœur qui amènera « l’or des Vovor » — Sika voulant dire « or » chez les éwé, ethnie du Sud ouest du Togo d’où est originaire la famille — à s’établir définitivement à Ouagadougou. De l’alliance officiellement scellée en 1982, naîtra trois enfants.

Et pas seulement. La Première dame du Burkina est déjà l’heureuse grand-mère de quatre petits-fils, donnant la preuve qu’une femme peut faire de grandes études tout en demeurant bonne mère au foyer. Pendant que son mari fait ses premières armes à la tête de la Banque internationale du Burkina (BIB, aujourd’hui rachetée par le Groupe UBA ), Sika Kaboré entre à la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), d’abord comme chargée d’études juridiques, avant de devenir conseillère technique chargée de l’animation consulaire, poste qu’elle

occupait jusqu’à l’élection de son mari comme président du Faso à l’issue du scrutin du 29 novembre 2015. Toutefois, ce n’est pas aujourd’hui qu’Adjoavi Sika apprendra à goûter aux délices et contraintes des hautes fonctions. En effet, elle a d’abord vu son époux gravir tous les échelons de la vie socioprofessionnelle et politique. Elle est constamment restée à ses côtés lorsque celui-ci est devenu successivement ministre de l’Economie et des Finances, Premier ministre, président du parti au pouvoir, président de l’Assemblée nationale… puis aujourd’hui chef de l’Etat.

D’ailleurs, la Première dame du Burkina Faso est loin d’être une étrangère des arcanes du pouvoir. Son père, feu Mawupé Valentin Vovor, premier citoyen de l’Afrique subsaharienne à être admis comme membre de l’Académie française de chirurgie en 1975, a assumé par le passé les fonctions de ministre de la Santé de son pays, le Togo.
Avant d’occuper tour à tour les postes de président de la Cour suprême, ministre de l’Education nationale et de la Recherche scientifique, et enfin de président de l’Assemblée nationale en 1985.

Il démissionnera de ce dernier poste en 1988 pour « convenance personnelle », alors qu’il avait encore deux ans devant lui pour terminer son mandat.
Sika Kaboré n’a pas seulement connu les privilèges du pouvoir avec son père. De sa mère, Emilie Moreira, sage-femme et enseignante, elle a appris la compassion pour son prochain. On comprend donc pourquoi elle
lance, en 2006, l’association Kimi — protection en langue nationale dioula —, pour combattre le cancer du col de l’utérus, la drépanocytose et d’autres maladies affectant le bien-être de la mère et de l’enfant.
Décidément, cette femme a de qui tenir! Nantie d’une formation universitaire conséquente, femme au foyer, grand-mère comblée et fille d’un ancien dignitaire du Togo, c’est à la fois une dame de cœur et un as de cœur qui accompagne le chef de l’Etat burkinabè dans ses hautes et nobles fonctions.